La question du péché originel n’intéresse plus autant que celle du régime alimentaire. Et si c’était la même ?
Comment réconcilier les travailleurs et l’écologie ? En rappelant que celle-ci doit s’intéresser aux modes de production autant que de consommation. Se constituerait alors un « communisme du vivant » dont Paul Guillibert esquisse les concepts fondamentaux.
Du Mexique à l’Europe, Arnaud Exbalin enquête sur les massacres en masse de chiens indésirables au XIXe siècle en s’appuyant sur une documentation inédite.
Les études malacologiques, c’est-à-dire l’histoire des escargots et plus particulièrement ceux d’Hawai’i, ainsi que leur extinction en cours, nous renseignent aussi sur la nôtre, tardivement.
Analysant les comportements des animaux, Florence Burgat explore avec brio un continent laissé inexploré par le freudisme : l’intériorité animale. Mais la psychanalyse est-elle la référence appropriée ?
Loups, chats, chevaux et, maintenant, rats. Sont-ils des objets de dégoût, vecteurs de la peste, ou bien des aides utiles au nettoyage des détritus ? Après le rat des villes et le rat des champs, voici le rat de l’histoire !
L’impact des activités humaines sur l’habitat naturel des animaux sauvages dans la région de l’Himalaya indien a conduit à une augmentation du nombre de félins mangeurs d’hommes. L’imaginaire populaire s’en ressent, du préservationnisme passionné à la volonté de tuer ces anthropophages.
Dans une étude savante et néanmoins accessible, Pierre Pellegrin soutient qu’Aristote est le véritable fondateur de la biologie, contrairement à ce qu’une perception caricaturale de son finalisme a longtemps donné à penser.
Définir le social de telle sorte qu’il puisse non seulement inclure les animaux, mais aussi toutes les relations entre les espèces : c’est ce qu’entend faire T. Ingold dans ce recueil d’articles. Le défi est grand, mais à la hauteur de ce que demande aujourd’hui une anthropologie écologique.
L’historienne Valérie Chansigaud retrace 10 000 ans d’histoire de la domestication animale. Du loup au hamster, du porc au paon, la réduction de la faune sauvage au domestique se fait au gré des besoins humains, matériels ou symboliques. Aucune espèce, pas même l’humaine, n’en sort indemne.
Une nouvelle revue est née en Allemagne, autour de la figure symbolique du Rhinocéros, espèce menacée, en dépit de sa peau dure… tout comme l’Europe ?
Des centaines d’espèces se sont acclimatées aux conurbations modernes. Qu’est-ce qui pousse les animaux à aller vivre en ville ? Au-delà de la dégradation accélérée de la nature, il faut repenser la notion même de sauvage, pour inventer une « éthique des relations asymétriques ».
Les chasseurs sont davantage préoccupés des fragilités de la nature qu’on ne le croit généralement. Ils en sont les premiers témoins et leur relation à l’animal n’est pas seulement faite de prédation aveugle.
L’abeille est notre sentinelle environnementale. Si elle meurt, nous aussi. Pollution, ravage des insecticides, recul de la biodiversité : si l’on veut sauver le monde des ruches, et le nôtre avec, il faut rapidement changer de modèle.
Plongeant ses racines dans le militantisme social du XIXe siècle, l’antispécisme multiplie aujourd’hui ses discours et ses stratégies. Prenons garde à ne pas l’uniformiser.
Par cette phénoménologie de la vie végétale, la philosophe Florence Burgat nous rappelle que les plantes se définissent avant tout par ce qu’elles n’ont pas : sans conscience intentionnelle ni monde vécu, comment pourraient-elles mener la vie secrète que leur prêtent certains ouvrages populaires ?
Sexe, dévoration, création : une riche anthologie multilingue de la littérature mondiale de 1842 à 1980 retisse le mythe de la fileuse octopode, entre horreur pour la prédatrice et fascination pour ses ouvrages d’art.
Le détroit de Béring a été une aire d’interactions et de confrontations entre les deux grandes puissances du XXe siècle. En reconstituant son destin environnemental, du milieu du XIXe siècle jusqu’aux années 1990, B. Demuth étudie les chaînes de conversion des ressources énergétiques.
Le végétarisme est au XVIIIe siècle un problème philosophique à part entière, au croisement des réflexions sur la souffrance animale ou sur la bonne santé. C’est aussi une question polémique, sur laquelle antichristianisme et critique sociale se rejoignent.
Ni les sciences sociales ni les sciences de la nature ne s’attachent aujourd’hui à penser les rapports culturels entre les hommes et les animaux. Pour les comprendre, il faut revoir toutes nos catégories et se défaire, une fois pour toutes, de l’opposition entre nature et culture.
À l’heure où l’on proclame la fin des utopies, F. Wolff en recense trois formes actuelles, qui toutes prétendent élargir l’homme : le transhumanisme, l’animalisme et le cosmopolitisme. Mais seule cette dernière se tiendrait dans les frontières de l’humain.
Notre époque se caractérise indéniablement par une nouvelle pensée de l’animal, qu’E. Bimbenet nomme « zoocentrisme ». Il n’est pourtant pas sûr que nier la différence entre l’homme et l’animal soit la meilleure manière de protéger celui-ci. Cette recension est suivie d’une réponse de l’auteur.
La transformation du monde passe par la transformation de soi. L’éthique de la considération, selon C. Pelluchon, doit nous permettre de relever les défis écologiques et sociaux auxquels nous sommes confrontés, afin qu’à nouveau nous puissions vivre avec les autres êtres, quels qu’ils soient.
À l’heure où les dénonciations de la souffrance animale se font plus vives et où fleurissent les régimes sans viande, comment expliquer la persistance d’une humanité carnivore, ni naturelle, ni rationnelle ?
Si, en France, le foie de canard est au cœur d’un puissant nationalisme gastronomique, c’est aux États-Unis le cheval de Troie des militants de la cause animale. Sociologie comparée des pratiques et des morales alimentaires de part et d’autre de l’Atlantique.
En étudiant la répartition des hommes et des chimpanzés en Guinée du XIXe siècle à nos jours, on peut mettre en évidence l’interaction entre la dynamique de l’espèce et celle de l’environnement. Ce faisant, Vincent Leblan réfléchit aux conditions de possibilité d’une véritable histoire des animaux.
Devrions-nous entretenir des relations plus diplomatiques avec les animaux ? C’est ce à quoi Baptiste Morizot nous invite, qui prend le “retour du loup” comme occasion de réflexion philosophique. Comme pour mieux réaffirmer, en creux, la position surplombante de l’humain ?
En s’intéressant à l’Arctique, une des zones les plus polluées de la Russie, Andy Bruno réintègre la question de l’environnement à l’histoire russe du 20e siècle et montre comment le moment soviétique s’insère, inversement, dans le récit de l’anthropocène.
Les objets qui nous entourent continuent-ils d’exister lorsque nous avons le dos tourné ? C’est ce que nous pensons spontanément. Mais quelle est l’origine de cette croyance, qui selon Étienne Bimbenet construit notre humanité ?
Les paléontologues distinguent cinq périodes au cours desquelles les espèces animales ont disparu en masse. La sixième, celle de l’extinction de l’homme, est-elle arrivée ? La question nous ramène en tout cas à la fragilité de nos conditions de vie. À bon entendeur, salut !
Les animaux ont-il une vie morale au même titre que les humains ? La philosophe Alice Crary soutient qu’ils sont visiblement porteurs de qualités morales, comme nous le montre la littérature. Mais les valeurs sont-elles ainsi susceptibles d’un constat empirique ?